Dans les photos de foule de SpencerTunick, tout le monde est nu

Hier dimanche, à New York, une centaine de personnes a participé au Cinquième trajet annuel en métro sans pantalons. Huit ont été verbalisées et six emmenées menottées au poste.
D'autres manifestations de nudité publique se terminent dans les galeries d'art. Notamment les grands panneaux du photographe new-yorkais Spencer Tunick. Une exposition est ouverte jusqu'au 26 mars à Gateshead (G.-B).

Tunick y présente ses prises de vues de juillet dernier à Newcastle où 1700 personnes avaient répondu à son appel. Jeunes et vieux, les participant-e-s s'étaient levés avant l'aube, s'étaient complètement dévêtus sur une place publique et avaient suivi les ordres de l'artiste, créant un mouvement de foule spectaculaire dans la lumière du petit matin. Tunick utilise ces assemblages de corps minutieusement distribués comme le matériau d'une sculpture propre à transformer l'environnement architectural ou le paysage. Il demande les autorisations officielles nécessaires; ses mises en scène sont préparées avec précision et chaque personne a signé une décharge. Une foule d'assistants relaie les ordres du maître.

Ci-dessus au théâtre de Bruges, ci-dessous à la gare centrale de Buffalo. Tunick développe son thème de la nudité publique non sexuelle depuis 1992. Les masses de corps qu'il dispose dans toutes sortes de contextes (il a mis en scène 400 personnes à Fribourg un dimanche de juillet 2001 pour Expo 2002) deviennent des abstractions qui interrogent notre perception de la nudité en société. Avec ses expositions, l'artiste présente un autre défi, cette fois aux autorités politiques et religieuses. En Suisse il a accroché ses photos à Genève, Neuchâtel, Fribourg et Bâle.

Les participant-e-s qui figurent dans les déploiements de Spencer Tunick (7000 à Barcelone) sans avoir connu d'expérience naturiste au préalable témoignent que l'aventure marque une étape dans l'acceptation de leur propre corps, tel qu'il est et changera en vieillissant. En arrivant, elles-ils ressentent une petite appréhension ou sont gênés de devoir se déshabiller au vu de tous. Puis, au bout d'une dizaine de minutes, l'embarras disparaît et l'on s'aperçoit que d'autres personnes qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam nous adressent la parole de la même manière que si on était vêtu. Alors, tout le monde se déride et grelotte parce que le soleil ne s'est pas encore levé. C'est ça la liberté.

Nevada: le Black Rock Desert.

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