31.12.05

Rien que de très bonnes nouvelles

Dans son édition du 31 décembre, The Onion, "America's finest news source", passe en revue ses meilleures informations exclusives de l'année. Quelles sont les sources de la rédaction? The Onion ne veut pas les dévoiler. Mon enquête révèle: ces gars se branchent secrètement sur le système d'écoute de la Maison Blanche. Voici trois échantillons assaisonnés à ma sauce.
Bush To Increase Funding For Hope-Based InitiativesLe 23 novembre, le président Bush a accordé un crédit supplémentaire de 2,8 milliards de dollars en faveur des organisations privées qui soutiennent l'espoir du changement au sein de la population. "A partir d'aujourd'hui, a déclaré le président, je demande à la nation américaine d'espérer que les graves problèmes auxquels nous devons ensemble faire face vont s'évaporer." La nouvelle mesure présidencielle financera les efforts d'institutions comme The National Hope Foundation qui attend depuis vingt ans que quelqu'un, quelque part, trouve un remède au cancer et un vaccin contre le sida.

"De nombreuses organisations aux Etats-Unis espèrent vivement que les choses vont s'améliorer, a ajouté M. Bush. Ce crédit va les aider à obtenir des fonds supplémentaires pour poursuivre leurs programmes d'espérance." Parmi les premiers bénéficiaires, on compte le projet Hope You Don't Get Sick, organisation sans but lucratif qui soutient l'espoir de 45 millions d'Américains sans couverture médicale qu'ils ne tomberont pas malades.

Ce samedi soir,
White House Celebrates Fifth Straight Year Without Oral Sex la Maison Blanche commémorera dans l'East Room sa cinquième année sans qu'aucun rapport buccal n'ait été constaté dans cette demeure historique. "Notre administration a tenu sa promesse de restaurer la dignité de la Maison Blanche, a souligné le président. Je puis vous assurer que personne, y compris Dick Cheney, Karl Rove, Scooter Libby ou Konditorei Rice n'a commis ou été la pauvre victime d'un acte aussi dépravé." [Notez le sourire confit de Laura Bush.]

Voice Of God Revealed To Be Cheney On IntercomLes enregistrements clandestins captés par l'Agence nationale de la sécurité et transmis au Congrès pour son enquête sur l'écoute illégale ont permis de faire toute la vérité concernant les commandements divins que le président Bush reçoit sur le système de communication interne du Bureau ovale.

Alors que les journalistes avaient constaté depuis longtemps la foi profonde de M. Bush en même temps que l'influence primordiale du vice-président Cheney sur la Maison Blanche, personne ne s'était douté de ce que révèle un enregistrement datant de mars 2002. On entend une forte voix, appartenant sans conteste au vice-président, affirmer "Je suis le Seigneur ton Dieu"; cette voix intime au président des Etats-Unis d'envahir l'Irak et d'user de la torture envers les prisonniers capturés en Afghanistan, en Irak et dans le reste du monde pour faire avancer la cause de la liberté.

Un autre enregistrement permet de comprendre que "Dieu" a conseillé à Bush de signer la nouvelle législation de 2005 en faveur de l'industrie du pétrole. Selon un agent du déchiffrage qui demande l'anonymat: "La voix résonnait comme si "Dieu" s'était éloigné du micro pour créer un effet d'écho". Parmi les proches du président, ceux qui critiquaient son indécision lors de l'ouragan Katrina se disent rassurés. "Je me demandais pourquoi il tardait à intervenir, aurait déclaré un Républicain influent. Le président m'avait confié qu'il priait chaque matin dans son bureau, mais ne recevait aucune réponse. Maintenant, je comprends: Dick Cheney était parti plusieurs jours à la pèche de gros."

Donc, bonne nouvelle: on pensait que le président affabulait (et même au sujet de Dieu). Non, il ne ment pas. Il entend vraiment une voix.

30.12.05

Oui, c'est la fin des amitiés viriles!

Inscrite dans les vastes étendues du Wyoming et du Texas, l'histoire d'amitié et d'amour entre un employé de ranch et un cowboy de rodéo que raconte Brokeback Mountain, le film du réalisateur taïwanais Ang Lee, suscite des réactions passionnées depuis sa sortie le 9 décembre aux Etats-Unis.
Brokeback MountainThe Courrier-Journal de Louisville, quotidien du Kentucky (propriété de Gannet, le plus grand groupe de presse étatsunien) publiait mardi -- sous le titre Est-ce la fin des amitiés viriles? -- un article du président du séminaire théologique des Baptistes du Sud à Louisville, Albert Mohler. Son opinion après avoir vu (ou peut-être pas) Brokeback Mountain: "Le processus de normalisation de l'homosexualité corrompt la société en général et affaiblit, sinon détruit, les liens normaux d'amitié entre hommes [mâles]." Dans le raisonnement de Mohler, les fautifs sont, entre autres, les pansexualistes qui empoisonnent [corrompent, écrit-il] le langage afin d'installer [normaliser] la confusion sexuelle et l'anarchie.

Un complot.

Lorsque des mots comme amour, ami, homme [mâle], femme [femelle] et partenaire sont modifiés dans un nouveau contexte sexuel, "ce qui était autrefois considéré comme pur et sans souillure est maintenant sujet à moquerie et à manque de respect".

Ah, le bon vieux temps!

"L'un des mots les plus nettement corrompus pour servir l'anarchie sexuelle est celui d'amitié -- et particulièrement l'amitié entre hommes [mâles]." Et Mohler de citer la thèse d'Anthony Eslen intitulée "Requiem pour l'amitié: pourquoi les garçons ne seront plus des garçons et d'autres conséquences de la révolution sexuelle".


"Pour les hommes américains modernes, écrit Esole, l'amitié n'est plus forgée dans l'ardeur du combat, dans la poussière des plaines alors qu'ils conduisent leurs troupeaux à travers la moitié du continent, dans l'air suffocant d'une mine de charbon, ou même dans la fumée des cigares au cours d'un débat. La plupart des hommes ne se trouvent plus jamais dans des situations qui encouragent et inculquent de franches amitiés viriles [mâles]."

Imbécile que je suis, j'imaginais que la splendide solitude des hommes entre eux avait été brisée par la présence des femmes à l'armée, au travail, au bistrot. Et la présence des hommes devant le meuble à langer!

L'éminent penseur baptiste reprend: "...imaginez une société dans laquelle le tabou de l'inceste aurait été abrogé [...], c'est exactement ce qui est en train de se produire alors que l'homosexualité est normalisée dans notre culture. Aujourd'hui, les amitiés normales, non sexuelles, fraternelles entre hommes font naître les soupçons."

Ouille, elle est pénible l'angoisse des vrais hommes! Avant, c'était nous les pédés qui avions la trouille aux couilles...

28.12.05

A 65 ans, l'homme blessé s'est (enfin) offert ce qui lui manquait

Il y a peu, le théologien allemand Eugen Drewermann a révélé qu'il avait quitté l'Eglise catholique le 20 juin dernier, jour de son 65ème anniversaire. C'était "la liberté en cadeau à moi-même". J'ai sondé son visage alors qu'il expliquait sa démarche dans l'émission Menschen bei Maischberger. Une tristesse profonde, non pas d'avoir brisé le lien, mais à cause de l'incompréhension de cette institution envers les méprisés, les pauvres et les abandonnés (qui étaient au centre de l'attention de Jésus, d'après ma lecture de l'évangile).
Pourquoi un théologien, enseignant, auteur, psychothérapeute et anthropologue a-t-il déployé autant de patience avant de sortir de cette broyeuse d'individualités qu'est l'Eglise romaine? Espérait-il arriver, en compagnie d'autres, à "libérer la foi de la papauté", selon ses termes?

"Jésus n'aurait pas voulu de cette Eglise." Après une telle déclaration, Drewermann a été frappé d'interdiction d'enseigner en 1991, puis de prêcher et de célébrer l'eucharistie l'année suivante.
"Le point de départ de toute sa réflexion s'effectue à partir de son expérience de clerc meurtri, explique Le Monde diplomatique. Il essaie de comprendre, et nous avec lui. Cela lui permet d’entrer en contact direct avec les multiples enfermements vécus par les patients [prêtres?] venant dans son cabinet. Eugen Drewermann pense que le plus urgent est de leur annoncer une parole qui libère, considérant que seul un être épanoui peut faire le bien, selon le proverbe bouddhiste cité en exergue de Kleriker. L’institution religieuse, castratrice par excellence, représente en concentré toutes les frustrations, tous les renoncements. [...]

Le monde qui transparaît au fil de ses multiples ouvrages est constitué d’êtres blessés par l’existence, broyés par des contraintes morales venues de l’extérieur et intériorisées. La confiance est recherchée vainement, mais elle ne trouve sur son chemin que la suspicion née de l’interdit castrateur. "Si les gens réfléchissaient suffisamment, ils constateraient pour la plupart que ce n’est jamais par hasard qu’ils ont commis une faute, mais que c’est la totalité de leur vie qui ne colle pas; et que cela tient toujours à ce que la peur les a retenus de vivre à plein; et, très curieusement, souvent la peur devant des forces qui se présentent comme morales."

Selon Eugen Drewermann, l’accumulation de refoulements est la source d’inhibitions qui altèrent la capacité d’épanouissement de la personne. Rien de très nouveau dans ce constat, au regard de la psychanalyse. Mais le psychothérapeute étant doublé d’un théologien, cela lui permet d’élargir son investigation au champ de réflexion qui le préoccupe particulièrement."
Dans ses écrits, Drewermann propose d'interpréter les textes bibliques de manière symbolique, cela leur confère un sens plus profond. La naissance virginale est un mythe. Jésus avait un père géniteur et une mère pareille à la nôtre. "C'est sa vie qui a été inhabituelle, pas sa naissance."

En tant que prêtre, explique-t-il, on doit pouvoir suivre la voix de sa conscience, soutenir les gens qui traversent le doute et la souffrance: les femmes obligées d'avorter, les couples qui se défont, les gens qui se remarient, ceux qui doivent prendre des précautions pour éviter de transmettre le sida. Ce n'est pas (encore) le point de vue de la hiérarchie qui ne se laisse pas bousculer par l'un des siens. Mais Eugen Drewermann s'est enfin soustrait à la juridiction vaticane, il a osé l'indépendance.

26.12.05

Scènes de chasse dans la jungle du Flon

Le quartier du Flon, bientôt noeud ferroviaire des différentes lignes du métro lausannois, est au coeur des trafics de chairs et de produits toxiques. Adresse branchée de quelques galeries, lofts, boutiques et restaurants, ce quartier a été choisi comme dépotoir de la ville pour ses boîtes à musique, à danse et à navets (ciné amerlo-franchouillard). Faut voir ces casernes! Rivalisant de raideur, telle que la conçoivent les édiles, les entrepreneurs et le bon peuple lausannois depuis un siècle. Une ville qui s'enorgueillit d'avoir élu les syndic/s/que (maires) les plus laid/e/s au monde ne va pas non plus faire dans la dentelle urbanistique. Si c'est moche, mal conçu, inadapté et cher, c'est bon pour nous.
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J'ai passé la nuit dernière au Moulin à danse -- le MAD -- à l'abri de la laideur extérieure. C'était vivant, chaud, bruyant et vulgaire. Les bobos lausannois fréquentent peu les nuits Jungle du MAD. Le public: 1500 à 2000 personnes venues de près et de loin (Zurich ou Lyon) pour s'éclater selon la formule. Une majorité d'hommes appartenant à la génération des 18 à 35 ans. Majoritairement célibataires, ou divorcés, quelques-uns pacsés ou en voie de partenariat civil. Trois catégories de femmes: 1) l'équivalent des hommes (célibataires, etc.), 2) des hétérosexuelles qui collent aux pédés (ou vice-versa) comme les mouches au miel, parce qu'elles ont une vocation de maternage ou qu'elles sont vraiment trop moches et/ou alcooliques (donc marrantes un moment), enfin 3) des hétéros (vraiment) qui viennent danser et se rincer l'oeil, parce que les mecs sont splendides et les "font pas chier".
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Le décor: sur cinq étages, des "ambiances" différentes et des disk jockeys célèbres afin de satisfaire les différentes clientèles. A la cave, c'est la musique urban soul. Au rez, la grande piste en gradin tremble sous les puissantes vibrations de la house music. Des sapins altiers parce que nus (sans bougies, ni guirlandes), sapins castrats (aucune boule). Des effets de lumières et de stroboscopes. Les vaporisations de brume et la tempête de neige sont déclenchées régulièrement. Soudain, chevelures et sapins sont constellés de flocons qui s'évanouissent lentement; les torses nus luisent de paillettes provisoires. Les glaçons fondent au fond des verres. On transpire. Sur le ring, à tour de rôle, quatre gogoboyz (notez le z, c'est übersexuel) importés exhibent tous leurs muscles ou presque en les secouant, les dénudant et les projetant à portée de leurs admiratrices et admirateurs. Ils sont professionnels, donc peu ou pas érotiques. Peu les regardent. L'un d'eux a fait tatouer en caractères gothiques sur son pubis No More Tears. Les femmes qui aiment la chair mâle beuglent et se jettent à leurs pieds. Les hommes gardent la dignité du jeu. Derrière le bar, l'un des serveurs en Père Noël australien (estival: slip et bonnet) sonne le cor pour scander les étapes de l'effeuillage.
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La cozy lounge se trouve au premier. Une Mère Noëlle un peu choucroute donne ses consultations et pose avec les enfants sages pour la photo. Il y a des canapés, un lit à baldaquin et un cinéma réservé aux hommes. A l'entrée, un gars distribue des préservatifs et je lui dis mon admiration: "C'est chouette!" Il répond: "Pas tant que ça." A l'intérieur, le spectacle se localise entre les fauteuils; personne ne regarde l'écran. On se croirait à la cinémathèque: le film date d'avant les présés. Il y a vingt ans, je distribuais aussi les capotes et les affiches de prévention de l'Aide suisse contre le sida dans les établissements gay. Et je faisais la démonstration du capuchon sur la banane. Joli slogan d'aujourd'hui: Le chaud lapin se protège la pine. Stop sida et on encule le pape.

Au deuxième étage: restauration chaude, internet. Au troisième, l'étage céleste: disco, bar et salon des filles. Les lesbiennes qui se sont longtemps enorgueillies de ressembler au restant de la colère de la Déesse de la Guerre perpétuelle -- filles violées dans un tunnel de lavage sans sèche-cheveux, hyperféministes refusant la splendeur et le privilège d'être femmes -- sont en voie de guérison. Sans autant d'exagération dans l'autre direction, peut-être, que les garçons.
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N'empêche, d'être le seul vieillard à piétiner sans discontinuer la piste de danse la plus hard, entouré de tant de torses ruisselants, sublimes, baraqués, surmontés de têtes de dieux nordiques ou, le plus souvent, de bandits yougo-calabrais, c'est un plan de soirée. Dans le boucan assourdissant de la musique hard, dans la fumée et le bousculement des passants qui traversent la masse des danseurs avec l'indifférence des brise-glace...

J'ai dansé six heures d'affilée, puis ai fini la nuit au Pink Club, bourré lui aussi, (quelque 150 hommes de toutes langues et confessions), pour reposer mes chevilles au sauna, refaire mes poumons et libérer ma libido dans le bain de vapeur. Lausanne a beau être laide comme les péchés capitaux, elle n'en attire pas moins les pécheurs-pélerins au sein de sa jungle urbaine.

25.12.05

J'aurais bien fait quelques brasses à Noël


Avanto

J'aurais bien fait quelques brasses en plein-air cet après-midi, mais la hardiesse me manque, remplacée au fond de l'estomac par le souvenir de l'excellent repas d'hier soir. Une couronne de conifère et sa bougie Liberté d'Amnesty décoraient la table. Des mets succulents se succédaient calmement, accompagnés des vins adéquats, le dessert du maître de maison fermant le cortège.

Nous étions d'accord, autour de la table, de reconnaître les privilèges dont nous bénéficions sans les mériter plus que d'autres personnes. Reconnaissants malgré les difficultés qui s'étaient présentées tôt ou plus tard dans nos vies -- guerre, deuil, solitude, maladie.


Certaines peuplades de la terre considèrent que d'être satisfait de son sort porte malheur; les mauvais esprit vont vous priver de ce qui réjouit votre coeur. Vous ne pouvez pas dire à votre petit qu'il est le plus beau bébé au monde de peur que ces esprits ne vous le ravissent ou lui envoient la maladie. Cette attitude déteint aussi sur nous, peuples libérés de toute superstition.

Ssr7Par exemple: on dira "Ils sont fous, ces types" qui participent à la course annuelle des Pères Noël de Boston. Au lieu de relever "ils ont l'air de s'amuser, ceux-là". On se plaint du mauvais temps; et quand le beau arrive, on gémit à cause de la chaleur. On décrit ad infinitum les pépins de santé en oubliant de dépeindre la merveille de se bien porter lorsqu'elle se présente.

L'astrologue Rob Brezny rapportait récemment que, dans l'un de ses livres, le Dalaï Lama [le Daily Lama, comme disent certains] propose au lecteur de passer consciemment dix minutes sans nourrir de pensée négative sur qui ou quoi que ce soit. Brezny poursuit: "J'en parlais à l'un de mes potes, Arthur, qui a réagi ainsi: Quel mec simpliste, quelle arnaque ce Dalaï Lama; ça ne pose aucun problème de tenir dix minutes sans débiner quelqu'un!"

T'es un frère, Arthur! Toi et moi, on va continuer à cultiver cet état d'esprit du contentement paisible en faisant du yoga.

A propos: s'il avait fait beau cet après-midi, je n'aurais eu aucune peine à plonger. Il y a quelques jours la météo annonçait: Noël au soleil. C'est fou ce qu'ils se/nous trompent, ces gens!

23.12.05

"Last Christmas I Gave You My Heart..."

"...But the next day you gave it away." Ainsi va la chanson qui tourne actuellement en boucle parmi les bringues de Noël. L'acteur Sir Antony Sher (à droite) et Greg Doran, directeur associé de la Royal Shakespeare Company, qui viennent de signer leur contrat de partenariat civil à Islington dans le nord de Londres, n'ont pas l'air inquiets: ils vivent ensemble depuis 18 ans.

Sir Anthony Sher with partner Greg Doran

Roger Lockyer (77 ans) et Percy Stevens (66 ans), eux, attendent depuis 39 ans qu'une loi fasse d'eux "des hommes honnêtes": "It's about bloody time".
Roger Lockyer and Percy Steven
Roger et Percy.

"Cela signifie surtout, précise Roger, ancien professeur d'histoire, que je n'aurai plus à me faire de souci concernant des affaires comme l'héritage de notre maison, si je devais mourir le premier. Nous connaissons des gens qui ont perdu leur maison à cause des droits de succession."

Percy ajoute: "Il y a huit ans, Roger a été hospitalisé et je me trouvais à son chevet lorsque le dieu de la médecine a débarqué avec sa suite. Je lui ai dit que je restais pour entendre ce qu'il allait dire et il m'a demandé qui j'étais. J'ai répondu: son partenaire. Il était interloqué, plein de méfiance et prêt à m'éjecter: quoi, son partenaire commercial?"

"Après 39 ans de vie commune, notre amour n'a plus besoin d'une proclamation publique, poursuit Percy, mais il est important que nos compatriotes comprennent que certaines personnes partagent un autre style de vie qu'eux. En vieillissant, je suis devenu plus militant; la signature de notre partenariat est autant une affirmation politique qu'une marque affective."

Durant la jeunesse de Roger et Percy, les hommes homosexuels -- particulièrement ceux qui évoluaient dans les affaires et dans le monde politique -- étaient menacés de chantage et de descentes de police dans les restaurants ou les clubs. Aujourd'hui, alors que les couples de femmes et d'hommes entrent officiellement en partenariat, le regard public va se focaliser un peu plus sur leur vie quotidienne réelle et oublier, ils l'espèrent, les stéréotypes présentés par les médias.

19.12.05

Dites adieu aux longues séances de repassage

Une petite blouse seyante bien repassée sur une jolie femme, c'est plaisant à regarder. Pour les autres êtres humains, je ne vois pas la necessité du repassage. Bien sûr, les pantalons en accordéon... Les échappatoires ne manquent pas, depuis la pression du matelas jusqu'aux frocs à plis permanents qui, de plus, se lavent en machine. Ma virilité fragile [pléonasme] ne souffre pas de devoir repasser. Fierté et fainéantise.
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Je reconnais que cette pub de Calor pourrait me faire flancher. Dites adieu aux longues séances de repassage. Un tapis pliable, plus besoin de table; un fer à vapeur compact; un repose-fer pour rangement immédiat: que demander de plus sinon des textiles infroissables? Mais sans repassage (ou presque), comment méditer sur la lutte jamais finie contre le chaos, sur la fragilité des choses, sur eros et thanatos et cetera?

Avec cette planche à repasser abandonnée dans sa dernière demeure, la pub Calor fait subtilement référence à la série américaine Six Pieds sous terre qui raconte la complexité des rapports entre les membres de la famille Fisher, croque-morts installés dans une banlieue de Los Angeles. Voici quelques répliques.


Nate senior (mort) contemplant sa pierre tombale: "C'est tout ce que vous avez trouvé à écrire: Père, mari, accompagnateur dans le malheur?"
Nate junior, son fils, vivant, (à gauche sur la photo de famille) : "Tu aurais préféré: Autiste, sadique, enfoiré?"

Tante Sarah: "Tu sais, la vodka est aux Russes ce que la thérapie est aux Américains."
Brenda (fille de deux psys): "Ouais, ça crée une accoutumance et détruit toute possibilité de mener une vie normale."

Maggie Sibley: "Si tu crois que la vie est un distributeur automatique dans lequel tu insères un peu d'honnêteté et ramasses du bonheur, tu te mets le doigt dans l'oeil!"

Le vieil homme devant le cercueil ouvert: "Elle est splendide. Vous avez fait du beau travail."
David (à la tête de la table sur la photo, entre sa mère et son amant): "Nous avons fait tout ce que nous pouvions."
Le vieil homme: "S'il y a la moindre justice, elle est en train de balayer la merde au fond du fond de l'enfer."

Claire (deuxième depuis la gauche) à son frère: "J'aimerais mieux être homo."
David: "Oh non, pas ça!"
Claire: "J'aurais pas à m'occuper d'organes sexuels inhabituels."
David: "C'est toujours inhabituel, à moins que ce soit le tien."

17.12.05

Les vrais mâles ne bouffent pas de quiches

La couverture de Newsweek cette semaine laisse entendre que le président des Etats-Unis se serait isolé dans une bulle. Brian Williams, de NBC, a suivi le président durant la journée de lundi, date de parution de l'hebdomadaire. Il a eu l'occasion de s'entretenir avec lui. Extrait.

-- Alors, comment vous réveillez-vous un lundi matin? Je vous ai apporté des aides visuelles. J'ai Newsweek et Time. La couverture de Newsweek: regardez comment ils vous ont traité. "Le monde de Bush: le président isolé, peut-il changer?" [...] Newsweek prétend que vous vous enfermez, ne parlant à personne. Où est la vérité, Monsieur le président?
-- Et bien, je vous parle. Vous êtes une personne.
-- Ils disent que vous êtes dans une bulle. Que votre cercle de conseillers est très restreint. Est-ce vrai? Vous sentez-vous dans une bulle?
-- Non, je ne me sens pas dans une bulle. Parce que, vous vous sentez dans une bulle dans le sens que je ne peux pas sortir me promener et, par exemple, faire des courses, comme j'aimerais le faire pour ma femme. Bien que j'en aie le droit, je ne vais pas vous dire ce que je vais lui acheter. Vous savez, je trouve que je reçois vraiment de bons conseils de gens très capables et que des gens de toute l'échelle sociale m'ont informé et ont informé ceux qui me conseillent. Et je suis bien persuadé que je suis conscient de ce qui se passe.
Je viens de parler au président élu du Honduras. Une grande partie de mon job c'est la politique étrangère. Et je passe vraiment beaucoup de temps avec des chefs d'autres pays. Et ils viennent ici-même, au Bureau ovale et me disent ce qu'ils ont sur le coeur et je leur dis ce que j'ai sur le coeur.
C'est la première fois que je vois ce magazine.
-- Est-ce que vous lisez ce genre de chose?
-- Non.
-- Vous ne lisez pas les hebdomadaires d'information?
-- Non, vraiment pas. Je m'intéresse aux nouvelles. Je m'intéresse très peu aux opinions.

Le président confirme ici ce que prétendent ses critiques. Il ne supporte ni le débat, ni la contradiction. Ses adversaires, il ne peut pas les écouter, il veut les anéantir. Je me demande si, depuis le temps, il n'a pas changé d'attitude sous la pression de son entourage, mais continue à faire son numéro de macho pour sauver la face: un Américain sanguin ne mange pas de quiches, ne boit pas de porto et ne lit que les pages financières. Car c'est fort de cette réputation qu'il a été élu.

Mais si ce qu'il prétend est sincère, alors Mesdames et Messieurs, mettez encore un peu plus de vinaigre dans votre café avant de sauter du haut de votre gratte-ciel. Les pessimistes de ce monde et les islamistes ont gagné.
Bushclown

15.12.05

Trois grandes dames du cinéma

L'article de Migros Magazine cette semaine fait remonter le souvenir de trois "grandes dames" du cinéma de ma jeunesse. Dont Lucienne Schnegg, patronne du cinéma Capitole, présente depuis 56 ans derrière la caisse de son établissement. Je me souviens du film qui, je crois, avait inauguré l'écran panoramique, "le premier de Suisse" (ah! Lausanne pionnière du cinéma, vous imaginez!). C'était en 1952 ou 53, Plymouth Adventure (ah! la tête rugissante du lion de MGM trouant l'écran!) avec Spencer Tracy, Gene Tierney et Van Johnson. J'avais invité ma mère parce que le sujet était suffisamment édifiant: la traversée sur le Mayflower des Pélerins anglais en 1620. Ces piétistes hardis (comme elle) et arrogants se prenaient pour le peuple de l'Exode et s'apprêtaient à coloniser leur Nouvel Israël, à plumer les Ricains d'origine. Le thème musical du film était tiré du psaume 136: "Rendez gloire à Dieu [...Il libéra son peuple de la persécution]. Il fit périr des rois redoutables [...]. Il donna leurs terres en héritage [à son peuple]."

Autre grande dame du cinéma: la mère d'un camarade d'école, caissière du Cinéac (actualités et dessins animés en boucle). Une odalisque, une beauté sombre coiffée et maquillée comme seuls pouvaient l'être les gens proches de l'industrie babylonienne du cinéma. Et quel buste! Je pense qu'elle était divorcée car, à l'époque, les mères des jeunes latinistes ne travaillaient pas. Pour se valoriser, son fils invitait un copain de classe ou l'autre au Cinéac. Elle nous faisait passer à l'oeil lorsque Monsieur Brönnimann ne se trouvait pas dans les parages. (Ah! les girls sautillantes du générique de Fox Movietone, le copain ne s'en lassait pas.)

La plus grande dame du cinéma de mon enfance restera celle qui tenait le bar du Rex. On passait obligatoirement devant elle pour entrer dans la salle où les places des deux premières rangées coûtaient 1 fr. 20. (Ces fauteuils étaient si proches de l'écran qu'on pouvait zieuter sous les jupes des actrices; pour se rincer l'oeil dans des décolletés, il aurait fallu se payer le balcon au Capitole, au Palace, au Métropole et peut-être à l'ABC; mais nous n'avions ni l'âge légal, ni les fonds.) Toujours digne avec sa coiffure royale, belle, chaleureuse et souriante, la barmaid du Rex possédait une élégance morale que trois séances quotidiennes de cinéma juste derrière la paroi n'avaient pas corrodée -- même pas les films interdits aux moins de 18 ans. J'ai percé le secret de cette femme au regard clair un dimanche lorsque je l'ai aperçue de loin durant le culte à la Cathédrale: la grandeur et la sérénité de la foi parpaillote.

14.12.05

Première aujourd'hui de King Kong dans le monde entier

La question que se posent les Américains en sortant du cinéma:
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"Où était King Kong quand nous avions besoin de lui?"

10321Réponse: au magasin des effets spéciaux, à côté des armes de destruction massives.

12.12.05

Gloire à Dieu et paix sur la terre!

Peacemakers
Mike Keefe. The Denver Post.

-- Heureux ceux qui procurent la paix.
-- Aïe! Vous envoyez le mauvais message aux troupes!

10.12.05

Un verre de vin chaud devant l'ambassade de Pologne

Ce samedi à Berne, ville corne d'abondance. Les trams se faufilent paisiblement entre les piétons chargés d'enfants et de sacs à provisions, entre ces processions de reines et de rois mages avides qui préparent la fête en se ravitaillant dans les magasins et sur les marchés. Paquets dorés. Charcuteries, légumes, fruits, pains et biscuits épicés; une année de labeur sur les étals des artisans qui tapent du pied en soufflant dans leurs paumes. Stands de saucisses et de kebabs.

Ce samedi déclaré Journée des droits humains -- et pas seulement le droit de faire ses courses dans des magasins surapprovisionnés. Des milliers de personnes dans le monde écrivent des lettres en faveur de personnes en grave danger. C'est le Marathon des lettres d'Amnesty International. "Celui qui veut empêcher des violations des droits humains doit agir vite."

Elfenstrasse, devant l'ambassade de Pologne, une petite trentaine de personnes frigorifiées brandissent paisiblement calicots et pancartes (en polonais, allemand et français) demandant aux autorités polonaises de respecter les droits de leurs minorités, comme elles s'y sont engagées en entrant dans l'Europe. Malgré le danger que ce rassemblement autorisé présente pour les diplomates, les deux soldats qui devraient protéger l'ambassade dans leur guitoune transparente s'en vont prendre leur pause. Et les deux policiers qui avaient installé les barrières vauban pour canaliser les manifestants apparaissent alors que les discours (relayés par un mégaphone) ont déjà commencé. Rien d'enflammé, d'exagéré dans ces trois discours, on n'est pas en France. Simplement les faits et un rappel des droits universels. Une députée socialiste du Conseil national, un représentant d'Amnesty, l'animatrice de la manif mandatée par L.O.S et Pink Cross, organisations faîtières des lesbiennes et gay suisses.

Parmi les événements motivant notre présence, le dernier en date est l’interdiction d’une manifestation à Poznan. Autorisée dans un premier temps, la Marche de l’égalité de traitement a été interdite sur la pression de représentants du Parti conservateur populiste (Droit et justice) et par la Ligue de la famille polonaise (droite nationaliste au pouvoir). Des jeunes ont néanmoins défilé samedi 26 novembre contre la discrimination fondée sur le sexe (la situation des femmes n'est pas glorieuse dans ce pays super-catho), la couleur de la peau, un handicap ou l’orientation sexuelle. Leur manifestation pacifique a été dispersée avec brutalité. Les homosexuel/le/s polonais ont informé Amnesty que les vexations systématiques, les intimidations et la discrimination avaient atteint des proportions inquiétantes sous l'impulsion de la droite conservatrice du nouveau président.

En terminant son discours, la représentante des homos suisses invite l'ambassadeur à venir boire un verre de vin chaud avec nous (elle l'avait prévenu par courriel). Et la porte de l'ambassade s'ouvre. Un homme en manteau se dirige vers le portail qu'il peine à ouvrir. Le rideau de fer cède, l'homme traverse la rue sans l'escorte des policiers. Une conversation courtoise s'engage entre celui qui se présente comme remplaçant de l'ambassdeur malade et nos trois orateurs. Le diplomate minimise, c'est son rôle, explique que tout est en train de changer. Il faut du temps pour que les esprits évoluent. Des affaires de pédophilie ont éclaté (longtemps couvertes par l'Eglise) et les Polonais confondent encore pédos et pédés. De part et d'autre on assure qu'on va suivre l'affaire.

Nous allumons nos bougies Amnesty de la Liberté en solidarité avec nos soeurs et frères de Pologne. Émotion.





Au nord de la Kirchenfeldbrücke se trouve une installation intitulée Déchetterie des discours politiques, permettant de trier (avant de jeter) discours positifs, négatifs, inutiles, etc. Au fond de la benne, un boucan de harangues et allocutions entremêlées. J'aime ce type d'humour.

A la librairie Stauffacher, les succès de vente du rayon enfant sont: 1) le dernier Harry Potter, 2) Der Chly Prinz de Saint-Ex en bärntütsch. Tout est ordentlich, conforme à l'ordre normal sur le front des achats.

6.12.05

Moon a fait d'Hitler un homme nouveau

Si le révérend Sun Myung Moon, 86 ans, le "Messie" coréen, n'était accompagné d'un consultant nommé Neil Bush [mais oui, le petit frère bon à rien], on n'aurait pas remarqué qu'il venait d'entreprendre un tour du monde de cent jours et cent villes. A Taipei, vendredi dernier, le révérend a menacé: "Ceux qui s'écartent de la voie céleste seront punis." De quelle voie? Une autoroute sous-marine de 200 milliards de dollars entre l'Alaska et la Russie que Moon projette et veut promouvoir durant sa tournée. Ce serait la réalisation de sa prophétie d'une planète unifiée et un monument à Sa gloire. Inclues dans Sa vision globale: 1) des Nations unies transmuées en instrument du plan de Dieu, 2) la "démocratie" et la liberté sexuelle éliminées de cette terre. Parmi les autres cibles du révérend: les écolos et les pédés. Il a qualifié ces derniers de sales chiens bouffeurs de merde dans l'un de ses sermons.

Revenons à un événement qui s'est produit l'an dernier. Moon, le milliardaire, propriétaire de nombreux médias (dont le Washington Times, l'agence de presse U.P.I. et des studios de télévision), d'une fabrique d'armes et de biens immobiliers à travers le monde, se fait couronner "Prince de la Paix" en compagnie de son épouse. C'est le 23 mars, dans l'une des salles du Sénat américain au Capitole! Moon, le trafiquant international, à la tête d'entreprises de blanchiment et jugé pour fraudes fiscales, est honoré ce jour-là par des sénateurs, des membres du Congrès, des diplomates et une brochette d'ecclésiastiques (évangéliques, musulmans, hindous...), en tout 300 personnes. Un rabbi souffle dans sa corne de bélier avant de déclarer que Moon, chef de l'Eglise de l'Unification, est le vrai Messie.

Au cours de son homélie du Capitole, Moon prétend avoir prêché à tout le gotha de la planète dans "le monde des esprits". Aux présidents américains morts, à Jésus, Moïse et Mahomet... Il déclare: "Les fondateurs de cinq grandes religions et beaucoup d'autres personnalités dans le monde des esprits, même des chefs communistes comme Marx et Lénine [...] et des dictateurs tels que Hitler et Staline, ont trouvé une nouvelle force dans mon enseignement; ils se sont amendés et sont renés à la vie, des personnes nouvelles."


Moon est généreux. Par exemple, le télévangéliste conservateur Jerry Falwell admet qu'il aurait accepté un don de 3,5 millions de dollars, en 1994, pour son université Liberty, à Lynchburg, qui traversait une mauvaise passe. La somme aurait été acheminée par le biais de la Fédération des femmes pour la paix mondiale, liée à Moon et dirigée par Beverly LaHaye, épouse de Tim LaHaye, co-auteur du succès de librairie évangélique Left Behind, série de romans contant la fin du monde. [La dite fédération aurait versé la somme à la fondation chrétienne Heritage qui aurait racheté les dettes beaucoup plus importantes de Falwell qu'elle aurait défalquées par un tour de passe-passe, s'arrogeant au passage un honoraire d'un million. Allez comprendre...]

Papa Bush aussi reconnaît qu'il a participé à un événement que Moon organisait en 1996 à Buenos Aires, juste pour le cachet. Et Neil, son fiston? Le moins doué du clan, Neil Bush ramasse l'oseille en tant que conseiller. Mais comme il ne possède aucune compétence dans les domaines où il est "consulté", il sert juste d'appât aux entreprises russe ou chinoise, par exemple, qui veulent s'introduire sur le marché américain.

2.12.05

Georg Gänswein, l'avocat du Diable

Le charmant garçon qui se penche filialement sur un vieillard pour ajuster sa cape [hot, la couleur!] a été nommé plus bel homme du Vatican par la presse unanime -- médias politiques, religieux, féminins et gay. "È il sex symbol in carne e ossa". Le père Georg Gänswein, compatriote du pape, est aussi son secrétaire particulier, "und damit tabu für uns Frauen; er gehört ganz dem lieben Gott". Version gay: "Was verboten ist, das macht uns geil!"

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"La première fois qu'il a sauté dans la papamobile, nous les femmes avons retenu notre souffle", écrit Doris Ladstaetter dans la Weltwoche. "Là où durant 27 ans, le fade Stanislas Dziwisz se tenait derrière le pape [Jean Paul], un homme jeune, grand, athlétique, blond aux yeux bleus a pris place." Et Doris d'évoquer la série télé australienne Les Oiseaux se cachent pour mourir où le père Ralph de Bricassart, interprété par Richard Chamberlain, rencontrait les tentations de la chair. Il s'agissait d'un dilemme catho parfaitement hétéro, même si le séduisant Richard ne l'était pas (hétéro) et ne l'est pas devenu depuis.

A 48 ans, Georg Gänswein s'est imposé non seulement comme secrétaire particulier, mais aussi semble-t-il, comme conseiller très écouté du pape, ce qui inquète certains observateurs.
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Originaire d'un petit village de Forêt-Noire, Gänswein, ancien moniteur de ski pratique aussi le tennis et le pilotage d'avion. Il a été ordonné prêtre en 1984 à Rome. Puis a obtenu un diplôme en droit canon à Munich. De retour à Rome en 1995, il a été nommé secrétaire de l'évêque Josef Clemens, puis est devenu collaborateur du cardinal Joseph Ratzinger qui était à l'époque préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. On raconte qu'avant de lui accorder ce poste de confiance, Jo (le Panzerkardinal) a tourné autour de Georg pendant des semaines pour avoir une idée précise de sa personnalité. Gänswein enseigne aussi le droit canon à l'uni pontificale de la Sainte-Croix, proche du mouvement de l'Opus Dei.
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Comme le successeur de saint Pierre dont il est le collaborateur, don Georg est très conservateur [il n'a pas renoncé au monde pour rien]. Doué d'un esprit d'analyse fulgurant, il s'est introduit dans un petit groupe d'hommes très puissants au sein de son Eglise. On peut imaginer qu'il utilisera son crédit pour influencer son patron dans une direction encore plus radicale.
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Dunque: n'allons pas imaginer que le pape pourrait annoncer prochainement des concessions sur les thèmes qui font souffrir ou éloignent beaucoup de catholiques, femmes et hommes, de leur Eglise.