Billy Graham: la fin approche
L'évangéliste Billy Graham qui, selon son organisation, a prêché à 210 millions de personnes à travers le monde durant 60 ans de carrière, s'est adressé aux New-yorkais le week-end dernier: trois soirées, auditoire cumulé de 242'000 personnes. Était-ce la dernière "croisade" du prédicateur de 86 ans? "Probablement, a-t-il répondu, en tout cas en ce qui concerne New-York." Malgré sa santé fragile, il envisage de se rendre à Londres en automne.
Prêchant sur le thème de Noé et du déluge, Graham a développé le thème de la fin du monde. ("Oui je regrette de les avoir faits" dit Yhwh, "je vais effacer les humains, ma création".) "Presque tout le monde sent aujourd'hui que nous nous approchons d'un moment paroxystique de notre histoire, a affirmé l'évangéliste. Ce monde va prendre fin, Satan aussi" et avant que cela ne se produise, repentez-vous et revenez au Christ.
C'est très masculin de penser que le monde ne peut pas continuer après/sans nous. Et que Satan non plus, dont Graham a fait son fonds de commerce.
A New York, 9'445 personnes ont répondu à l'appel que Graham lance chaque fois, de renoncer au péché et de donner leur vie à Jésus; 9'445 âmes perdues ont été sauvées et sont devenues born again, ont trouvé une nouvelle naissance (60% de premières conversions). Billy Graham n'enrôle pas ses convertis dans sa propre Église, les gens sont libres de trouver la communauté chrétienne qui leur convient. Les protestants fondamentalistes le lui reprochent et déclarent qu'il ira en enfer pour cela.
Lorsque sa carrière a commencé, Graham sermonnait sous la tente, comme la plupart des autres prédicateurs du Réveil évangélique. Les "croisades" sont aux croyants ce que les chapiteaux des cirques sont pour le reste du bon peuple: un lieu de passion, d'émotion et de divertissement. Les soirées comportent des attractions musicales calquées sur les plus populaires -- rock, pop et country, mais en version pasteurisée. Seul changement aujourd'hui: la plupart de ces bateleurs sont devenus des télévangélistes et drainent encore plus d'argent.
Jusqu'ici, la réputation de Billy Graham n'a jamais été éclaboussée par un scandale public ou des déclarations intempestives. Au contraire de la plupart de ses collègues. Jerry Falwell, par exemple, qui avait rendu la pratique médicale de l'avortement et la visibilité des homosexuels responsables des attentats du 11 septembre (un avertissement de Dieu).
Ou du richissime Jimmy Swaggart qui avait déclaré en 1984 que l'éducation sexuelle à l'école faisait la promotion de l'inceste. Or en 1987, une prostituée révélait au magazine Penthouse que Swaggart lui avait demandé de lui livrer sa fillette. Photographié à sa sortie d'un motel pouilleux avec une autre prostituée, il avait avoué sa faute en pleurnichant devant l'auditoire des Assemblées de Dieu. A l'époque, Swaggart était (aussi) candidat à la présidence des Etats-Unis; on se demande donc si c'est son opposant George Bush père qui l'a fait suivre par des détectives ou un autre évangéliste, Marvin Gorman, que Swaggart avait dénoncé pour infidélité conjugale. En 2004, Swaggart poursuivait sans problème son ministère et remerciait Dieu que Bush propose un amendement à la constitution pour interdire tout autre type de mariage que celui entre une femme et un homme.
En 1987 aussi, Jimmy Bakker et sa femme Tammy Faye dirigeaient et animaient le programme de télé "Praise the Lord" et un genre de Disneyland biblique, dépensant joyeusement 500'000 dollars par jour, un fonds alimenté par les dons des fidèles. Jim possédait 47 comptes bancaires. Or lui aussi a été dénoncé par des prostituées et des paroissiens auxquels il avait fait des propositions homosexuelles. Condamné à 45 ans de prison en 1989 pour fraudes d'un montant de 3,7 millions de dollars, il a été libéré sur parole et a lancé un nouveau programme de télévangélisation en 2003.
"Une guerre n'augmente pas le nombre de morts sur la terre." A part cette étrange remarque, Billy Graham n'utilise pas les thèmes du jour (terrorisme, fondamentalisme musulman, partenariat homosexuel, président des Etats-Unis) pour traumatiser ses auditoires. De l'Irak, il a aussi dit que c'était l'un des pays de la Bible (jardin d'Eden).
Il a toujours été proche des gens de pouvoir. Des présidents ont assisté à ses croisades. Il a béni un meeting électoral du candidat Nixon en Caroline du Sud. Bush l'actuel témoigne ouvertement que Graham lui a montré le chemin vers Dieu. Depuis l'ère Eisenhower, l'évangéliste a prêché aux petits-déjeuners de prière présidentiels. C'est l'identité chrétienne de l'Amérique. Imaginez un cureton récitant le bénédicité avant que monsieur et madame Chichi et leurs invités Vilepain et le vile Sarcococatho ne trempent leur croissant graisseux couvert de confiture de chez Fauchon dans le café refroidi...
Prêchant sur le thème de Noé et du déluge, Graham a développé le thème de la fin du monde. ("Oui je regrette de les avoir faits" dit Yhwh, "je vais effacer les humains, ma création".) "Presque tout le monde sent aujourd'hui que nous nous approchons d'un moment paroxystique de notre histoire, a affirmé l'évangéliste. Ce monde va prendre fin, Satan aussi" et avant que cela ne se produise, repentez-vous et revenez au Christ.
C'est très masculin de penser que le monde ne peut pas continuer après/sans nous. Et que Satan non plus, dont Graham a fait son fonds de commerce.
A New York, 9'445 personnes ont répondu à l'appel que Graham lance chaque fois, de renoncer au péché et de donner leur vie à Jésus; 9'445 âmes perdues ont été sauvées et sont devenues born again, ont trouvé une nouvelle naissance (60% de premières conversions). Billy Graham n'enrôle pas ses convertis dans sa propre Église, les gens sont libres de trouver la communauté chrétienne qui leur convient. Les protestants fondamentalistes le lui reprochent et déclarent qu'il ira en enfer pour cela.
Lorsque sa carrière a commencé, Graham sermonnait sous la tente, comme la plupart des autres prédicateurs du Réveil évangélique. Les "croisades" sont aux croyants ce que les chapiteaux des cirques sont pour le reste du bon peuple: un lieu de passion, d'émotion et de divertissement. Les soirées comportent des attractions musicales calquées sur les plus populaires -- rock, pop et country, mais en version pasteurisée. Seul changement aujourd'hui: la plupart de ces bateleurs sont devenus des télévangélistes et drainent encore plus d'argent.
Jusqu'ici, la réputation de Billy Graham n'a jamais été éclaboussée par un scandale public ou des déclarations intempestives. Au contraire de la plupart de ses collègues. Jerry Falwell, par exemple, qui avait rendu la pratique médicale de l'avortement et la visibilité des homosexuels responsables des attentats du 11 septembre (un avertissement de Dieu).
Ou du richissime Jimmy Swaggart qui avait déclaré en 1984 que l'éducation sexuelle à l'école faisait la promotion de l'inceste. Or en 1987, une prostituée révélait au magazine Penthouse que Swaggart lui avait demandé de lui livrer sa fillette. Photographié à sa sortie d'un motel pouilleux avec une autre prostituée, il avait avoué sa faute en pleurnichant devant l'auditoire des Assemblées de Dieu. A l'époque, Swaggart était (aussi) candidat à la présidence des Etats-Unis; on se demande donc si c'est son opposant George Bush père qui l'a fait suivre par des détectives ou un autre évangéliste, Marvin Gorman, que Swaggart avait dénoncé pour infidélité conjugale. En 2004, Swaggart poursuivait sans problème son ministère et remerciait Dieu que Bush propose un amendement à la constitution pour interdire tout autre type de mariage que celui entre une femme et un homme.
En 1987 aussi, Jimmy Bakker et sa femme Tammy Faye dirigeaient et animaient le programme de télé "Praise the Lord" et un genre de Disneyland biblique, dépensant joyeusement 500'000 dollars par jour, un fonds alimenté par les dons des fidèles. Jim possédait 47 comptes bancaires. Or lui aussi a été dénoncé par des prostituées et des paroissiens auxquels il avait fait des propositions homosexuelles. Condamné à 45 ans de prison en 1989 pour fraudes d'un montant de 3,7 millions de dollars, il a été libéré sur parole et a lancé un nouveau programme de télévangélisation en 2003.
"Une guerre n'augmente pas le nombre de morts sur la terre." A part cette étrange remarque, Billy Graham n'utilise pas les thèmes du jour (terrorisme, fondamentalisme musulman, partenariat homosexuel, président des Etats-Unis) pour traumatiser ses auditoires. De l'Irak, il a aussi dit que c'était l'un des pays de la Bible (jardin d'Eden).
Il a toujours été proche des gens de pouvoir. Des présidents ont assisté à ses croisades. Il a béni un meeting électoral du candidat Nixon en Caroline du Sud. Bush l'actuel témoigne ouvertement que Graham lui a montré le chemin vers Dieu. Depuis l'ère Eisenhower, l'évangéliste a prêché aux petits-déjeuners de prière présidentiels. C'est l'identité chrétienne de l'Amérique. Imaginez un cureton récitant le bénédicité avant que monsieur et madame Chichi et leurs invités Vilepain et le vile Sarcococatho ne trempent leur croissant graisseux couvert de confiture de chez Fauchon dans le café refroidi...


