28.3.05

La disparition de deux mâles alpha


Les très catholiques princes
du Papistan et du Monakistan vont se retrouver à l'entrée du Purgatoire, devant la porte-M, réservée aux mafieux, aux maquereaux et maquignons les plus dévots -- les autres vont directo en enfer. Or donc: panique! Il y a overbooking à la section-M, et les nouveaux arrivants devront se contenter, le premier arrivé d'une chambre de bonne, le second d'un placard. Il leur faudra patienter pour obtenir une cellule car, avant de transférer un pensionnaire de la section-M au Paradis, on compte un minimum de mille ans de prières élevées vers le Père par mille vierges patentées. Ces jours-ci, les ressources humaines du Purgato ont reçu des tombereaux de très jeunes vierges en provenance du Tiers et du Quart-monde.

A part la religion d'Etat et l'industrie du tourisme, ce qui rassemble ces deux vénérables canailles c'est qu'elles ont gardé leur pouvoir (la corruption de Droit divin) jusqu'à leur dernier souffle. Au Monakistan, semble-t-il, la succession est décidée. Donc peu de crêpages de chignons, tout au plus ceux des couturiers qui doivent créer les fringues de deuil -- du mégadément -- et aussi la traîne du couronnement. Seule question: sera-t-elle accrochée à une robe ou à un pantalon?

Au Papistan, en revanche, les coups bas partent haut. C'est le branle-bas de combat. Que peut-il bien se produire quand d'antiques drag queens, jamais rassasiées d'honneurs, s'écharpent pour prendre le pouvoir ou appartenir au clan victorieux? Eh bien, cela saigne et réduit les chasubles en charpie. Dans le clan gagnant, à part le Vaticinat, les archimitrés pourront raffler quelques bons postes peinards. Aux perdants (plusieurs clans) resteront des évêchés comme Diable-Vauvert, Partenia (Algérie, occupé actuellement par Mgr Gaillot), Paedophilia (Boston, en sursis concordataire) et Nowhere (sur la banquise canadienne pour faire l'éducation religieuse et sexuelle des pingouins).

T'as beau avoir léché durant toute ta carrière, si la voix divine t'a indui en erreur et indiqué le mauvais clan, t'es refait. Crise de nerfs et coups de crosses dans les burettes.

Présentement, chaque clan organise ses défilés de mode et envoie des espions chez les concurrents. Les nonnes couturières brodent en trois fois huit. C'est pitié que tant de fils d'or et d'argent revêtent des corps si mal aimés et des âmes aussi grises. L'une des fractions a mandé une Mère spirite pour convoquer l'esprit de Gianni Versace qui créait de si somptueux costumes de ballet, de théâtre et d'opéra. Nutella Versace et sa fille Allegria sont folles de rage d'avoir été doublées.

La prégnance dans l'imaginaire populaire du prince de l'Eglise et du Prince du Rocher -- le bécoteur de bitume, le protecteur des cirques et des grands prédateurs sur deux pattes -- prouve que notre humanité a besoin de figures charismatiques pour se construire. Ces deux hommes étaient des mâles alpha, avant tout symboliques faute d'avoir été des reproducteurs notables (les résultats connus ne sont pas brillants). Qu'ils aient salement baisé les pauvres et les malheureux de ce monde sera bientôt oublié. Les gazettes et les TJ font faire pleurer dans les chaumières.

Pleurer les figures tutélaires permet aux groupes d'éprouver des émotions rassembleuses. A moi, cela donne l'occasion de verser mon fiel parmi ceux qui haïssent en choeur. A vous, de chanter des louanges et de tresser des lauriers. In medio stat virtus.

26.3.05

Sur le divan... avec Dieu


Le sacrement de réconciliation -- antérieurement la confession -- semble retrouver grâce auprès des catholiques selon Libération de ce samedi de Pâques. Et les fidèles ressentent davantage le besoin d'exprimer leur mal-être que leurs fautes. La confession a été instituée à la Contre-Réforme, au Concile de Trente en 1551.
«Le mauvais souvenir [de la confession] n'existe plus, les nouvelles générations vivent cette pratique sans tensions», affirme Mgr Jean-Yves Nahmias, vicaire général du diocèse de Paris. «Chez les jeunes, on ressent moins cette méfiance que chez les 50-60 ans», note Jacques Arènes, psychanalyste et chargé de cours chez les Jésuites du centre Sèvres. [...] Si la confession fait moins peur, c'est qu'elle a évolué, comme la société : terminé le catalogue de péchés débité à l'oreille du grand inquisiteur surtout soucieux de contrôler la vie sexuelle de ses ouailles. «La confession retrouve une place, mais différente d'il y a cinquante ans, poursuit le psychanalyste. De nos jours, on ne dit plus confession mais sacrement de réconciliation. On ne met plus au centre la question de l'aveu, du rapport coupable à la faute. On cherche plutôt à retrouver la relation avec Dieu. A corriger des comportements, des attitudes, des sentiments qui éloignent de Lui.» Le risque étant que cette évolution soit source de confusion.
Est-ce que le déballage orchestré par les médias influence ce retour à la confession religieuse?

Cette semaine, sur le thème du dysfonctionnement familial, j'ai grappillé des témoignages poignants/sordides dans pas moins de quatre émissions de télévisions françaises. Il y avait l'horreur de la garde alternée lorsque la justice force un enfant à passer une semaine sur deux chez un père violent ou absent (Arte, mardi). Il y avait des célébrités réunies pour vendre chacune un bouquin sur leurs blessures d'enfance (France 3, mercredi, avec un psy auteur aussi d'un ouvrage sur la question). Il y avait des inconnus témoignant des maltraitances qu'ils avaient subies (France 2, aussi mercredi, avec le même psy). Enfin, le film très pudique qu'a produit Richard Bean pour raconter à ses enfants ce que fut sa relation avec son propre père (les coups) et sa mère (le silence) et comment est venue, peut-être, la réconciliation (Arte, jeudi).

Dérive psychologisante que ce sacrement de réconciliation catholique? Libération se pose la question. Non répond Véronique Margron, dominicaine. "... cela veut dire que c'est l'entièreté d'une vie que l'on remet devant Dieu."

"Les gens viennent autant parler que se confesser, explique Philippe Marsset, curé de l'église Saint-Pierre, quartier de Montrouge à Paris. Ils se sentent très seuls, très abandonnés à la fatalité de la vie [...] Ils parlent de leur incapacité de sortir des choses qui les lient, de leurs tensions internes, de leurs blocages... Pour eux, c'est là le péché: ils se sentent coupables d'être nuls à leurs yeux. Mais ils parlent aussi des difficultés de leur vie spirituelle. Ils se demandent pourquoi Dieu ne leur répond pas."

Une paroissienne de la même église répond à sa manière à la question sur la dérive. "C'est comme si on était sur le divan, sauf qu'on est avec Dieu."

18.3.05

Points de vue


Il y a "stoned" et "stoned". Dans la traduction révisée de la Nouvelle version internationale de la bible, en anglais, le terme "stoned" (lapidé/e) a été amplifié en "stoned to death" (jusqu'à ce que mort s'ensuive) de crainte que les lecteurs d'aujourd'hui en tirent l'impression que le salaire du péché -- avant tout l'adultère, l'incrédulité et la voyance dans l'Ancien testament -- c'est la défonce.

Sauvée par son blogue. Dans Salon, la romancière américaine Ayelet Waldman, qui rédigeait un blogue, raconte comment l'un de ses billets où elle évoquait l'incidence du suicide dans la maladie dont elle souffre a attiré l'attention de son mari (en voyage) et de ses amies sur le danger qu'elle courait. Ils ont pu intervenir à temps et le médecin a modifié la prescription fautive.

Ses jeunes enfants n'ont pas la possibilité de lire son blogue, mais Zeke, sept ans, a tout de même surpris quelques conversations et montrait de l'inquiétude. Elle l'a rassuré, promettant que tout était rentré dans l'ordre, qu'elle avait un bon docteur. Elle lui a aussi expliqué ce qu'il pouvait faire si jamais il était de nouveau inquiet: en parler à son père, appeler un de ses grands-parents, sinon les urgences. Ayelet Waldman conclut: "C'est un enfant qui a appelé la police parce que sa soeur plus âgée avait changé de programme de télévision; je suis donc confiante qu'il saurait agir en cas de crise."

La tolérance a des limites. Walton, un fonctionnaire international en poste à Genève, sur sa jeunesse dans le Maine: "Quand j'étais à l'université, peu importait à ma mère que j'invite la nouvelle petite copine, ou le nouvel ami -- à l'époque j'hésitais -- pour passer des vacances chez nous. Mais elle était intraitable sur un point: il fallait que cette personne vote démocrate."

Tuyau à quelques banquiers vaudois. Le banquier franco-genevois Edouard Stern se serait fait refroidir par sa maîtresse alors qu'il portait une combinaison une pièce de latex couleur chair. Messieurs à qui je pense, vous avez aussi de nombreuses opérations foireuses sur la conscience et la gueule patibulaire de l'emploi. (Vous n'avez qu'à jeter un coup d'oeil au miroir pour savoir si je m'adresse à vous.) A part vos pratiques professionnelles officiellement dénoncées, on peut imaginer (toujours en vous regardant) que, vous aussi, avez des pratiques privées "compensatoires".

Si la justice vaudoise, bien lente, ne devait pas satisfaire les gens que vous avez le plus trompés et plumés, ils pourraient se décider à leur tour de vous envoyer l'ange de la vengeance, une belle munie d'un fouet et de quelques balles. Ce n'est pas votre combinaison rose comme le petit cochon-tirelire qui l'attendrirait ou la ferait fuir. Le site "Lust, Love & Latex" (ces gens confondent "love" et "sex", comme vous "lust" et "money") mentionne un modèle de combinaison noire effrayante avec son ventre blanc et sa queue gonflable. Elle est inspirée par les monstres qui hantent le royaume sous-marin. A bon entendeur, salut!

Latex outfits are often described as fetishwear, so these wacky costumes must be proof that some folks have a sexual proclivity for killer whales, sharks and spearfishes (shown here).

8.3.05

Solidarité féminine

Une manifestation rassemblant 3000 femmes s'est déroulée hier à Multan, dans l'est du Pakistan, en faveur de Mukhtiar Mai, la femme violée par quatre hommes [voir billet du 5 mars sur les "valeurs familiales"]. Les manifestantes chantaient et portaient des pancartes, réclamant des autorités qu'elles protègent Mukhtiar contre ceux de ses agresseurs qui ont été acquittés. Elles exigeaient aussi un nouveau jugement. Deux cents policiers observaient le défilé.

Mukhtiar Mai, une institutrice de 33 ans, avait eu le courage de porter plainte contre ses violeurs qui appartiennent à un clan puissant. Elle est soutenue par Pattan, une association de soutien des femmes en milieu rural.

Sous la neige, la mer et le souvenir




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Tôt ce matin, après avoir déblayé et salé le chemin entre la rue et l'entrée de la maison, je me suis débarassé de mes vêtements, sauf un minimum, et me suis roulé dans la neige. Puis j'ai fait un ou deux exercices de yoga -- mais pas la salutation au soleil (que je déteste); quoi qu'il en soit, le ciel était bouché.

Les chutes de neige récentes sur Nice (photo Reuters) réveillent des souvenirs; ils sont ravivés par le film d'Alexandre Amenabar "Mar Adentro".

Premier souvenir: novembre 2001 sur cette plage de la Promenade des Anglais. Olivier, un copain, et moi nous nous élançons dans la mer pour nager, puis faisons la connaissance de quelques sympathiques "fadas" sexagénaires locaux qui à Nice, comme nous au bord du Léman, pratiquent la natation toute l'année. Le lendemain matin, nous étions en train de nous déshabiller pour un autre plongeon, lorsque une amie "fada" de la veille qui passait sur l'avenue nous aperçoit et fait signe qu'elle montera la garde auprès de nos effets pendant que nous nageons.

Cinq mois plus tard. Olivier me téléphone le soir de la clinique: "Si ce n'était pour mon épouse et mes fils, je préférerais mourir maintenant." Un filet de voix, son cancer, des douleurs terribles. Les nuits suivantes, il délire. Le calmant qu'on lui a administré est inopérant. Sa femme et moi, nous faisons en sorte de lui apporter ce qui va l'aider à dormir paisiblement -- une plante cultivée dans nos jardins et un yaourt. Quelques semaines plus tard, il pourra rentrer chez lui et vivre encore cinq mois de grande fragilité -- jardiner lorsqu'il n'est pas trop fatigué, nager avec elle et moi, voir ses amis...

Deuxième souvenir: mon courageux ami Ernest dans les années quatre-vingt. Après trois ans de lutte avec et contre le sida, trois années durant lesquelles il s'est forgé d'autres valeurs que celles qu'il cultivait en tant qu'homme d'affaires, Ernest se donne la mort dans le centre de soins palliatifs où l'on n'a pas pu -- ou pas su? -- l'aider à soulager l'angoisse qui l'étreignait.

Le film "Mar Adentro" décrit le combat de Ramon Sampedro, tétraplégique pendant 28 ans. De 1994 et 1998, il tenta en vain d’obtenir de la justice espagnole (puis européenne -- ce n’est pas mentionné), l'autorisation de recourir à une aide pour mourir puisque son handicap l'empêchait de se suicider seul. Ce marin auteur de poèmes et d’un testament sur le droit de vivre dignement (donc aussi d'en finir dignement), émut et divisa l’Espagne. Au terme de sa bataille juridique
, il décida de mettre un terme à ses souffrances. Il se donna la mort le 12 janvier 1998 grâce à l'aide de onze amis. Aucun de ses "complices" ne fut accusé, car Sampedro brouilla les pistes, chacun ayant une mission ne l'impliquant pas de façon certaine dans sa fin : l'un avait les clefs du logement, une autre lui procura le cyanure, le suivant plaça le verre sur la table de nuit, la quatrième plongea la paille dans le verre et ainsi de suite jusqu'au onzième qui filma Ramon, prenant congé sourire aux lèvres, puis convulsé de douleur, enfin expirant.

L'acteur Javier Bardem incarne Sampedro avec force et sensibilité. Il se dit touché par la manière dont le paralysé s'exprimait sur sa vie avant et après l'accident, la résignation, la mort désirée, ses amours et le sexe. "Il écrivait avec le recul de celui qui a réfléchi à tout cela pendant 28 ans. En un sens, c'était un illuminé, mais cela ne l'empêchait pas d'être une personne simple qui ne faisait l'apologie de rien. C'était un marin qui avait construit sa pensée à force de volonté parce que, dans sa situation, lire et écrire était très difficile."

Le marin Ramon Sampedro avait perdu l'usage de son corps; il ne pouvait utiliser que sa tête. Cela ne l'empêchait pas de se déplacer en rêve, de s'envoler par la fenêtre jusqu'à la mer.

Le film nous fait connaître l'entourage du malade, sa famille, son amoureuse Rosa, des personnages splendides de naturel (petite réserve en ce qui concerne l'avocate Julia). Il ne nous dit pas comment ils ont vécu après...

Nous, les survivants, nous aurions besoin de chamans qui entrent en transe et plongent avec nous pour aller récupérer, dans "l'au-delà", la part de nous que les disparus ont emportée. Les psys posés sur leur cul au lieu de se bouger, de danser, masser, reconnecter les fils, glosent sur le syndrome de stress post-traumatique. Leur recette pour "faire le deuil" s'applique à l'identique à la calvitie, à l'impuissance, à la ménopause, au divorce, au chômage et à la séparation définitive...

5.3.05

Comment les homosexuel/le/s menacent les valeurs familiales

Les protestants évangéliques, l'Eglise catholique romaine, les Eglises orthodoxes, l'islam et le judaïsme orthodoxe sont d'accord pour accuser les femmes et les hommes homosexuels de mettre en danger les valeurs traditionnelles de la famille dans leur demande d'une reconnaissance de leurs couples par l'Etat. Selon les défenseurs sur terre des textes bibliques ou coraniques, le pacs, le partenariat civil ou le mariage de personnes du même sexe contreviennent à la fois aux préceptes divins et aux lois de la nature. Ils détruisent les liens sacrés du vrai mariage et sont un mauvais exemple pour la jeunesse.

Un spot télévisé destiné à sensibiliser le public à la question des violences conjugales qui touchent "une femme sur dix" passe actuellement sur les chaînes françaises. Ce clip montre le visage d'une femme d'abord intact, puis marqué par une première trace de coup, ensuite une
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deuxième, une troisième et ainsi de suite. En fond sonore est décliné le refrain "Je t'aime un peu, beaucoup, passionnément..." En France, selon un rapport récent, on dénombre 1,5 million de femmes victimes des violences au sein du couple.

A Angers s'est ouvert jeudi un procès pour "viols sur mineurs de 15 ans par ascendants" et "proxénétisme sur leurs enfants" ou pour délits comme non-dénonciation d'atteinte sexuelle contre 66 personnes mises en examen -- 39 hommes et 27 femmes. La moyenne d'âge des 45 victimes était de 6 à 8 ans au moment des faits (26 fillettes et 19 garçons). Le plus jeune était un nourrisson de 9 mois, une fillette était sourde.

Aux côtés des parents, il y avait des rencontres de quartier, la marraine d'un enfant et deux frères déjà condamnés pour faits pédophiles, dont un venait de sortir de prison. La police le surveillait et c'est grâce à cette filature que tous les autres sont tombés. Aux viols familiaux s'ajoutaient, selon l'accusation, "le proxénétisme aggravé commis en bande organisée" puisque les pères, d'accord avec les mères, ont vendu les enfants.

Une campagne de prévention qui se déroule actuellement à Lille interroge: "Clients, jouez-vous à la roulette?" Il s'agit de mettre en garde les michetons contre les rapports sans préservatif. Les prostitué/e/s qui ont le cran partent au boulot avec des présés et des prospectus affirmant: "Je suis travailleur sexuel et je ne prends pas de risque. Je fais usage de préservatifs sans exception, y compris pour la fellation."

Un client sur trois demanderait un rapport sans préservatif. Selon certaines prostitué/e/s beaucoup plus. La nouvelle loi française a rendu les clients désinvoltes. Selon "Sarah", 21 ans dont sept sur le trottoir, interrogée par Libération: "Comme on n'a plus le droit de travailler, on n'a pas le droit de porter plainte. Alors, ils font ce qu'ils veulent."

A Berlin, Hatin Sürücü avait 23 ans, un fils et un diplôme d'électricienne. Trois de ses frères âgés de 18 à 25 ans sont accusés de son meurtre, le mois passé, un "crime d'honneur" pour "laver" l'affront subi par leur famille. Elevée en Allemagne par des parents originaires d'Anatolie, Hatin avait été contrainte à l'âge de 16 ans d'émigrer en Turquie pour y épouser l'un de ses cousins. De cette union forcée était né un petit garçon qu'elle avait emmené avec elle quand, un an plus tard, elle avait décidé de s'enfuir et retourner en Allemagne. Elle avait été prise en charge par un centre d'accueil pour mères et enfants. Elle ne portait plus le voile et voulait vivre comme les Allemandes de son âge. Ses frères l'ont tuée de plusieurs balles dans la tête, un soir à un arrêt de bus.

Le frère de Mukhtiar Mai, une jeune Pakistanaise, avait entretenu une liaison avec une jeune femme appartenant (c'est le mot) à une puissante tribu locale. Trouvant cette relation inadmissible, un conseil tribal avait condamné en 2002 la sœur du jeune homme à subir un viol collectif. L'affaire avait fait grand bruit. Un tribunal avait condamné six hommes -- les quatre violeurs et deux membres du conseil tribal -- à la peine capitale par pendaison pour le viol de Mukhtiar Mai.

Mais jeudi, cinq des condamnés à mort ont été acquittés en appel par un tribunal de Multan, dans le centre du pays. La sixième condamnation à mort a été commuée en détention perpétuelle. Mukhtiar Mai ne se sent plus en sécurité: "Je crains qu'ils ne se vengent de moi." L'un des avocats de la défense a déclaré: "Le premeir verdict du tribunal avait été largement influencé par l'exagération médiatique et la pression du gouvernement."

Oh pardon! J'avais pris la résolution de rédiger des blogues plus courts et je me rends compte que je n'ai pas traité le sujet en titre... Il faudra y revenir.