30.12.05

Oui, c'est la fin des amitiés viriles!

Inscrite dans les vastes étendues du Wyoming et du Texas, l'histoire d'amitié et d'amour entre un employé de ranch et un cowboy de rodéo que raconte Brokeback Mountain, le film du réalisateur taïwanais Ang Lee, suscite des réactions passionnées depuis sa sortie le 9 décembre aux Etats-Unis.
Brokeback MountainThe Courrier-Journal de Louisville, quotidien du Kentucky (propriété de Gannet, le plus grand groupe de presse étatsunien) publiait mardi -- sous le titre Est-ce la fin des amitiés viriles? -- un article du président du séminaire théologique des Baptistes du Sud à Louisville, Albert Mohler. Son opinion après avoir vu (ou peut-être pas) Brokeback Mountain: "Le processus de normalisation de l'homosexualité corrompt la société en général et affaiblit, sinon détruit, les liens normaux d'amitié entre hommes [mâles]." Dans le raisonnement de Mohler, les fautifs sont, entre autres, les pansexualistes qui empoisonnent [corrompent, écrit-il] le langage afin d'installer [normaliser] la confusion sexuelle et l'anarchie.

Un complot.

Lorsque des mots comme amour, ami, homme [mâle], femme [femelle] et partenaire sont modifiés dans un nouveau contexte sexuel, "ce qui était autrefois considéré comme pur et sans souillure est maintenant sujet à moquerie et à manque de respect".

Ah, le bon vieux temps!

"L'un des mots les plus nettement corrompus pour servir l'anarchie sexuelle est celui d'amitié -- et particulièrement l'amitié entre hommes [mâles]." Et Mohler de citer la thèse d'Anthony Eslen intitulée "Requiem pour l'amitié: pourquoi les garçons ne seront plus des garçons et d'autres conséquences de la révolution sexuelle".


"Pour les hommes américains modernes, écrit Esole, l'amitié n'est plus forgée dans l'ardeur du combat, dans la poussière des plaines alors qu'ils conduisent leurs troupeaux à travers la moitié du continent, dans l'air suffocant d'une mine de charbon, ou même dans la fumée des cigares au cours d'un débat. La plupart des hommes ne se trouvent plus jamais dans des situations qui encouragent et inculquent de franches amitiés viriles [mâles]."

Imbécile que je suis, j'imaginais que la splendide solitude des hommes entre eux avait été brisée par la présence des femmes à l'armée, au travail, au bistrot. Et la présence des hommes devant le meuble à langer!

L'éminent penseur baptiste reprend: "...imaginez une société dans laquelle le tabou de l'inceste aurait été abrogé [...], c'est exactement ce qui est en train de se produire alors que l'homosexualité est normalisée dans notre culture. Aujourd'hui, les amitiés normales, non sexuelles, fraternelles entre hommes font naître les soupçons."

Ouille, elle est pénible l'angoisse des vrais hommes! Avant, c'était nous les pédés qui avions la trouille aux couilles...