J'aurais bien fait quelques brasses à Noël
J'aurais bien fait quelques brasses en plein-air cet après-midi, mais la hardiesse me manque, remplacée au fond de l'estomac par le souvenir de l'excellent repas d'hier soir. Une couronne de conifère et sa bougie Liberté d'Amnesty décoraient la table. Des mets succulents se succédaient calmement, accompagnés des vins adéquats, le dessert du maître de maison fermant le cortège.
Nous étions d'accord, autour de la table, de reconnaître les privilèges dont nous bénéficions sans les mériter plus que d'autres personnes. Reconnaissants malgré les difficultés qui s'étaient présentées tôt ou plus tard dans nos vies -- guerre, deuil, solitude, maladie.
Certaines peuplades de la terre considèrent que d'être satisfait de son sort porte malheur; les mauvais esprit vont vous priver de ce qui réjouit votre coeur. Vous ne pouvez pas dire à votre petit qu'il est le plus beau bébé au monde de peur que ces esprits ne vous le ravissent ou lui envoient la maladie. Cette attitude déteint aussi sur nous, peuples libérés de toute superstition.
Par exemple: on dira "Ils sont fous, ces types" qui participent à la course annuelle des Pères Noël de Boston. Au lieu de relever "ils ont l'air de s'amuser, ceux-là". On se plaint du mauvais temps; et quand le beau arrive, on gémit à cause de la chaleur. On décrit ad infinitum les pépins de santé en oubliant de dépeindre la merveille de se bien porter lorsqu'elle se présente.
T'es un frère, Arthur! Toi et moi, on va continuer à cultiver cet état d'esprit du contentement paisible en faisant du yoga.

A propos: s'il avait fait beau cet après-midi, je n'aurais eu aucune peine à plonger. Il y a quelques jours la météo annonçait: Noël au soleil. C'est fou ce qu'ils se/nous trompent, ces gens!


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