Quand cessera enfin l'exploitation du corps masculin?
Le New York Times d'aujourd'hui dimanche se fait l'écho d'un scandale qui perdure sans que le président des Etats-Unis ni d'autres autorités morales de son calibre ne s'en préoccupent. En peu de mots: le théâtre new-yorkais (Broadway et Off Broadway) exploite la nudité masculine. Des preuves: durant les quinze dernières années, 25 pièces incluaient des scènes de nudité frontale; si l'on fait le compte des corps dénudés, dix étaient de sexe féminin et quarante masculins!
Dans les années soixante, lorsque les voiles ont commencé à tomber, l'égalité existait entre femmes et hommes. J'ai vu les premiers nus autorisés sur une scène londonienne. C'était dans Hair, une pose très chaste et brève. Et j'ai dansé sur la scène à la fin du spectacle, comme le public y était invité. Puis à New York, peu de temps après, O Calcutta! [lisez Oh quel cul t'as! d'après une peinture de Clovis Trouille] livrait des corps féminins et masculins, nus ou non, dans une série de sketches d'auteurs connus. Pour nous éviter la gêne et la curiosité, tous les membres de la troupe ouvraient leur peignoir dans la scène d'introduction. Je sais que les actrices avaient mission de couvrir/cacher leurs partenaires masculins si jamais ils s'étaient trouvés dans l'embarras. Ce qui n'est probablement jamais arrivé car on s'habitue vite à la nudité.
N'empêche: cette belle solidarité est bien perdue aujourd'hui. Un groupe féministe aurait-il jamais protesté contre l'exploitation du corps masculin dans un divertissement théâtral? Nada. Alors que les hommes de bonne volonté se sont toujours élevés contre la dénudation des femmes! Lisez Paul, l'apôtre, d'autant plus chevaleresque qu'il n'avait pas d'épouse: "Toute femme qui prie ou prophétise [c'est du théâtre dans sa forme la plus noble] tête nue se déshonore [...]. Non, un homme n'est pas tenu de se couvrir la tête, étant image et gloire de Dieu [...]. L'homme ne fut pas créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l'homme. La femme est donc tenue de porter sur la tête un signe d'autorité, à cause des anges." Les musulmans aussi préservent la pudeur féminine de la tête aux pieds. Alors que font les femmes envers les hommes? N'éprouvent-elles aucune reconnaissance?

Nos anges gardiens se sentent-ils moins menacés dans leur pureté par la vue du corps masculin?
Revenons à l'article du journal. L'auteur estime que la nudité n'est pas toujours justifiée par des raisons artistiques. Il y aurait l'appât du gain. Et pire: dans certains cas, ce truc serait utilisé pour couvrir un texte déficient. Mais certains auteurs découvrent le corps d'un protagoniste masculin parce que c'est plus choquant et moins distrayant et qu'ils ont un message à faire passer.
Et d'élever le débat. "Parfois, la nudité est plus éloquente que les mots. Dans Wit, pièce de Margaret Edson (Prix Pulitzer en 1999), une femme qui va mourir d'un cancer découvre son corps décharné. Le producteur Daryl Roth déclare: "A cet instant, la nudité était essentielle à l'intrigue et à la caractérisation du personnage. En ôtant sa chemise d'hôpital et son bracelet d'identification, la femme nous faisait comprendre qu'elle était libre; le geste était plus frappant que dix pages de texte."
Du nu au théâtre et à l'opéra, d'accord. Mais pas de corps trop musclés et épilés dans des drames historiques où ils n'ont rien affaire. Et qu'on puisse aussi contempler la beauté des gens ordinaires, l'épanouissement des personnes âgées.
Dans les années soixante, lorsque les voiles ont commencé à tomber, l'égalité existait entre femmes et hommes. J'ai vu les premiers nus autorisés sur une scène londonienne. C'était dans Hair, une pose très chaste et brève. Et j'ai dansé sur la scène à la fin du spectacle, comme le public y était invité. Puis à New York, peu de temps après, O Calcutta! [lisez Oh quel cul t'as! d'après une peinture de Clovis Trouille] livrait des corps féminins et masculins, nus ou non, dans une série de sketches d'auteurs connus. Pour nous éviter la gêne et la curiosité, tous les membres de la troupe ouvraient leur peignoir dans la scène d'introduction. Je sais que les actrices avaient mission de couvrir/cacher leurs partenaires masculins si jamais ils s'étaient trouvés dans l'embarras. Ce qui n'est probablement jamais arrivé car on s'habitue vite à la nudité.
N'empêche: cette belle solidarité est bien perdue aujourd'hui. Un groupe féministe aurait-il jamais protesté contre l'exploitation du corps masculin dans un divertissement théâtral? Nada. Alors que les hommes de bonne volonté se sont toujours élevés contre la dénudation des femmes! Lisez Paul, l'apôtre, d'autant plus chevaleresque qu'il n'avait pas d'épouse: "Toute femme qui prie ou prophétise [c'est du théâtre dans sa forme la plus noble] tête nue se déshonore [...]. Non, un homme n'est pas tenu de se couvrir la tête, étant image et gloire de Dieu [...]. L'homme ne fut pas créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l'homme. La femme est donc tenue de porter sur la tête un signe d'autorité, à cause des anges." Les musulmans aussi préservent la pudeur féminine de la tête aux pieds. Alors que font les femmes envers les hommes? N'éprouvent-elles aucune reconnaissance?

Nos anges gardiens se sentent-ils moins menacés dans leur pureté par la vue du corps masculin?
Revenons à l'article du journal. L'auteur estime que la nudité n'est pas toujours justifiée par des raisons artistiques. Il y aurait l'appât du gain. Et pire: dans certains cas, ce truc serait utilisé pour couvrir un texte déficient. Mais certains auteurs découvrent le corps d'un protagoniste masculin parce que c'est plus choquant et moins distrayant et qu'ils ont un message à faire passer.
Et d'élever le débat. "Parfois, la nudité est plus éloquente que les mots. Dans Wit, pièce de Margaret Edson (Prix Pulitzer en 1999), une femme qui va mourir d'un cancer découvre son corps décharné. Le producteur Daryl Roth déclare: "A cet instant, la nudité était essentielle à l'intrigue et à la caractérisation du personnage. En ôtant sa chemise d'hôpital et son bracelet d'identification, la femme nous faisait comprendre qu'elle était libre; le geste était plus frappant que dix pages de texte."
Du nu au théâtre et à l'opéra, d'accord. Mais pas de corps trop musclés et épilés dans des drames historiques où ils n'ont rien affaire. Et qu'on puisse aussi contempler la beauté des gens ordinaires, l'épanouissement des personnes âgées.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home