9.8.05

Pourquoi les femmes "fatiguent" les hommes

### Quand il s'écrie: "Arrête, tu me fatigues!", le mari dit vrai. Des chercheurs de l'Université de Sheffield ont étudié par scanner l'activité du cerveau de douze mecs auxquels ils ont fait écouter des voix de femmes et d'hommes. Les voix activaient différentes parties du cerveau selon qu'elles étaient féminines ou masculines. Emettant une gamme d'ondes sonores plus large et musicale, les voix de femmes étaient plus difficiles à décoder, nécessitant une activité accrue du cerveau des cobayes. Cela expliquerait la fatigue exprimée par cette moitié de l'humanité peu portée sur les détails.

Malgré leur faible échantillon, les chercheurs élaborent déjà une deuxième théorie. Les gens qui souffrent d'hallucinations auditives "entendent" généralement des voix masculines: elles seraient plus facile à inventer pour le cerveau. Bon, mais qu'en est-il de l'effet d'une voix mâle sur le cerveau féminin? [Trop facile à décrypter, ce qui expliquerait pourquoi madame répond avant la fin du discours?]

### Un mois après avoir publié une critique démolissant le nouveau roman de John Irving Until I Find You (824 pages!) le Washington Post s'est excusé dimanche auprès de ses lecteurs. Pas au sujet de la teneur de l'article dans lequel Marianne Wiggins qualifiait le livre "d'amas d'écriture paresseuse et sans finesse". Non. Le journal rappelle qu'il fait signer à ses critiques une déclaration selon laquelle ils doivent notifier toute relation amicale ou d'un autre ordre qui les attacherait à l'auteur. Or Mme Wiggins avait de 1988 à 1993 été l'épouse de Salman Rushdie, un ami de longue date de John Irving... Notons qu'elle n'est pas seule à avoir descendu le bouquin.

En France (et en Suisse parfois), les liens intriqués entre auteurs et critiques sont plutôt la règle qu'un accident. Tel critique est aussi auteur et/ou chargé d'édition. Alors les ascenseurs et les bombes à retardement partent dans tous les sens. "A charge de revanche/vengeance, cher confrère!"


### Dimanche à San Francisco, peu avant de commencer sa messe d'adieu devant 3000 fidèles, l'archevêque William Levada (qui sera prochainement l'Américain le plus élevé dans la hiérarchie vaticanesque) a reçu une assignation à comparaître. Il devra témoigner dans un procès concernant les abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants dans l'archevêché de Portland (Oregon) où il avait officié durant dix ans avant d'être transféré à San Francisco.

A Levada qui refusait de signer le mandat, l'envoyée du tribunal Cookie Gambucci a déclaré: soit vous l'acceptez maintenant, soit je vous le présente à l'autel pendant la messe... A 69 ans, Levada est attendu ce mois encore à Rome pour prendre la tête de la Congrégation de la Doctrine de la foi, poste que détenait l'ex-cardinal Joseph Ratzinger.

Quelque 250 plaignants poursuivent actuellement l'archevêché de Portland pour abus sexuels. L'an dernier, ce même archevêché s'était mis en faillite à la suite des dommages d'un montant de 155 millions de dollars réclamés contre un seul prêtre qui avait abusé de plus de 50 jeunes garçons durant les années quatre-vingts.

Une étude commanditée l'an dernier par la Conférence des évêques américains estimait à 4450 (4% de l'effectif) le nombre de prêtres incriminés dans des affaires de pédophilie aux Etats-Unis depuis 1950. Depuis 2002, année où ces scandales ont été enfin pris au sérieux, l'Eglise catholique états-unienne a dépensé autour d'un milliard de dollars en compensations. Et ce n'est pas fini.