Je t'emm... moi non plus!
Un titre de Libération sur le net, cette fin de matinée: Raffarin--Villepin: "Je t'emm... moi non plus" Et en page une: Que le pire gagne. J'aime! Cela correspond à mes états d'âme ces jours. Mais comme la politique française me fait ch..., parlons plutôt de Suisse et d'Autriche.
Peter Brabeck -- "piterre" disent les commentateurs français (qui ignorent son origine autrichienne) comme ils prononcent "itler" sans rien ignorer -- M. Brabeck, donc, n'est malgré tout pas l'Elfriede Jelinek du café. Pas de prix Nobel pour lui cette année, mais une ou deux compensations: deux casquettes à la tête de Nestlé, même si cela crée des remous, et une augmentation de ses revenus. Il y a peu, l'homme ne touchait que deux millions par an (si j'ai bien retenu les chiffres, je ne suis pas doué) et il devrait, murmure-t-on, accéder à dix fois plus. Attention: l'ascenseur ne mène qu'aux étages directoriaux, les autres sont priés de gravir les escaliers traditionnels! Actuellement, ils mènent surtout à la cave.
M. Brabeck rejoindrait ainsi Marcel Ospel ("iou,bi,s") qui caresse ses 21 millions et le champion Daniel Vasella (Novartis). Le réd. en chef du magazine Cash Dirk Schütz vient de publier un petit ouvrage insolent chez Orell Füssli: "Gierige Chefs. Warum kein Manager zwanzig Millionen wert ist", en Suisse s'entend. Le scandale, affirme-t-il, ce n'est pas la hauteur de la somme, mais le fait que ces patrons cupides (gierig) ne la valent pas du tout. Question compétences s'entend.
Je ne suis pas jaloux du salaire, mais de la belle sale gueule de Peter Brabeck. Avec un masque pareil, j'aurais fait une carrière d'acteur. J'aurais ramassé les rôles d'empereurs et d'officiers impériaux (Autriche-Hongrie); j'aurais rafflé tous les personnages nazis du cinéma et de la télé en langue allemande, anglo-américaine et même française. C'est quand même plus glorieux que de terroriser les employés et les investisseurs d'une multi, fût-elle suisse.
On voit beaucoup Jörg Haider et des paniers d'oranges à la télévision autrichienne ces jours. Le "chef historique", comme l'appelle Le Monde, de l'extrême droite a été élu dimanche président de son nouveau parti, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ: essayez de le cracher!). Cet impitoyable politicien à la recherche d'un second souffle montre encore, à 55 ans, une jolie petite gueule de vieux jeune homme. Dans la ligne de W. Bush, Blair et, chez nous, Yvan Perrin ou le poète valaisan de l'UDC. Ces types ont un charme immature auquel je ne suis pas indifférent. Les dames diraient: beau-fils parfait! Chez moi, ils réveillent une envie de leur flanquer une bonne fouettée jsuqu'au sang, pour leur bien et mon plaisir personnel.
Vu hier soir le reportage de la télé alémanique: "Die Blochers, und wie sie die Schweiz umbauen wollen". Mais doublé en allemand sur 3-Sat. Une évidence: la Suisse les a élus en multipack. Le duo parfait. Elle, presque élégante; lui, débonnaire, sans fausse modestie ni forfanterie. Qu'est-ce qui motive une institutrice et un fils de pasteur, qui a gagné ses premiers sous comme valet de ferme, à marner pour faire des millions, habiter un château et un palais? A faire fortune avec le monde entier et à prôner la fermeture politique? Qu'est-ce qui pousse un couple de milliardaires à briguer un poste à Berne?
Et comment vont-ils transformer (umbauen) la Suisse? Beaucoup est dit. Avec finesse de part et d'autre. Le mystère plane quand même. Et le reportage se termine sur une représentation de "Wilhelm Tell" sur la prairie du Rütli pour laquelle le couple a mis la main au portefeuille. Est-ce que les Blocher ont une telle nostalgie du passé mythique des Confédérés?
Est-ce que cela se soigne, docteur?
Peter Brabeck -- "piterre" disent les commentateurs français (qui ignorent son origine autrichienne) comme ils prononcent "itler" sans rien ignorer -- M. Brabeck, donc, n'est malgré tout pas l'Elfriede Jelinek du café. Pas de prix Nobel pour lui cette année, mais une ou deux compensations: deux casquettes à la tête de Nestlé, même si cela crée des remous, et une augmentation de ses revenus. Il y a peu, l'homme ne touchait que deux millions par an (si j'ai bien retenu les chiffres, je ne suis pas doué) et il devrait, murmure-t-on, accéder à dix fois plus. Attention: l'ascenseur ne mène qu'aux étages directoriaux, les autres sont priés de gravir les escaliers traditionnels! Actuellement, ils mènent surtout à la cave.
M. Brabeck rejoindrait ainsi Marcel Ospel ("iou,bi,s") qui caresse ses 21 millions et le champion Daniel Vasella (Novartis). Le réd. en chef du magazine Cash Dirk Schütz vient de publier un petit ouvrage insolent chez Orell Füssli: "Gierige Chefs. Warum kein Manager zwanzig Millionen wert ist", en Suisse s'entend. Le scandale, affirme-t-il, ce n'est pas la hauteur de la somme, mais le fait que ces patrons cupides (gierig) ne la valent pas du tout. Question compétences s'entend.
Je ne suis pas jaloux du salaire, mais de la belle sale gueule de Peter Brabeck. Avec un masque pareil, j'aurais fait une carrière d'acteur. J'aurais ramassé les rôles d'empereurs et d'officiers impériaux (Autriche-Hongrie); j'aurais rafflé tous les personnages nazis du cinéma et de la télé en langue allemande, anglo-américaine et même française. C'est quand même plus glorieux que de terroriser les employés et les investisseurs d'une multi, fût-elle suisse.
On voit beaucoup Jörg Haider et des paniers d'oranges à la télévision autrichienne ces jours. Le "chef historique", comme l'appelle Le Monde, de l'extrême droite a été élu dimanche président de son nouveau parti, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ: essayez de le cracher!). Cet impitoyable politicien à la recherche d'un second souffle montre encore, à 55 ans, une jolie petite gueule de vieux jeune homme. Dans la ligne de W. Bush, Blair et, chez nous, Yvan Perrin ou le poète valaisan de l'UDC. Ces types ont un charme immature auquel je ne suis pas indifférent. Les dames diraient: beau-fils parfait! Chez moi, ils réveillent une envie de leur flanquer une bonne fouettée jsuqu'au sang, pour leur bien et mon plaisir personnel.
Vu hier soir le reportage de la télé alémanique: "Die Blochers, und wie sie die Schweiz umbauen wollen". Mais doublé en allemand sur 3-Sat. Une évidence: la Suisse les a élus en multipack. Le duo parfait. Elle, presque élégante; lui, débonnaire, sans fausse modestie ni forfanterie. Qu'est-ce qui motive une institutrice et un fils de pasteur, qui a gagné ses premiers sous comme valet de ferme, à marner pour faire des millions, habiter un château et un palais? A faire fortune avec le monde entier et à prôner la fermeture politique? Qu'est-ce qui pousse un couple de milliardaires à briguer un poste à Berne?
Et comment vont-ils transformer (umbauen) la Suisse? Beaucoup est dit. Avec finesse de part et d'autre. Le mystère plane quand même. Et le reportage se termine sur une représentation de "Wilhelm Tell" sur la prairie du Rütli pour laquelle le couple a mis la main au portefeuille. Est-ce que les Blocher ont une telle nostalgie du passé mythique des Confédérés?
Est-ce que cela se soigne, docteur?

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